SAFIYYAH (EPOUSE DU PROPHETE) ET SON TESTAMENT ENVERS SON NEVEU JUIF


Safiyyah bint Huyayy était la fille de Huyayy ibn Akhtâb, le chef de la tribu juive de Khaybar alliée des Quraysh dans leur lutte contre les musulmans. Après la bataille qui s’ensuit en l’an 7 de l’hégire, Safiyyah choisit d’accepter la proposition du Prophète pbDsl de se convertir à l’Islam et de l’épouser. Néanmoins elle garda un lien fort avec certains membres de sa famille de religion juive, comme le démontre le fait qu’à l’approche de sa mort, elle fit un testament d’un grand montant à son neveu (non musulman). Selon ibn Sa’d al Baghdâdi dans ses Tabaqat, ce n’est pas moins de 100 000 dirhams qu’elle légua à son neveu ; la dite somme étant issue de la vente de sa terre et de ses biens. A sa mort en 50 ou 52 de l’hégire, des musulmans commirent cette injustice de refuser de remettre cette somme à son ayant-droit.
Aicha, en musulmane juste, savante et pieuse, intervint pour rétablir le droit de ce jeune homme et, toujours selon ibn Sa'd, dit aux musulmans : « craignez Allah et donnez-lui son testament. »
Elle seule appliqua les versets du Coran qui ordonnent la justice :

« Dieu ne vous interdit pas d’être bons et justes envers ceux qui ne vous ont pas combattus à cause de votre religion et qui ne vous ont pas expulsés de vos demeures. » (sourate 60 verset 8) 

« Et que la haine envers un peuple ne vous incite pas à être injuste envers lui. Pratiquez l'équité : cela est plus proche de la piété. » (sourate 5 verset 8)

Safiyyah, Aicha et les autres mères des croyants sont des modèles de droiture à maints égards, qui doivent inspirer les générations futures.

LE MUSULMAN EST LE FRERE DU MUSULMAN



Abu Hurayra rapporte ces propos du Prophète pbDsl :
« Méfiez-vous des préjugés car rien n'est plus trompeur. Ne vous espionnez-pas, ne rivalisez pas entre-vous, ne vous enviez pas, ne vous détestez pas, ne vous ignorez pas, soyez des serviteurs de Dieu fraternels, ainsi qu'il vous l'a ordonnez. Le musulman est le frère du musulman, il ne l'opprime pas, il ne le prive pas de son soutien, il ne le méprise pas. C'est là que réside la crainte révérencielle! Répéta-t-il deux fois : il désigna sa poitrine. Il n'est de pire mal pour un musulman que de mépriser son frère. Tout ce qui est propre au musulman est sacré pour l'ensemble des musulmans. Son sang, son honneur et ses biens sont sacrés. Dieu ne regarde ni vos corps, ni vos apparences mais Il regarde vos coeurs ».
Rapporté par Muslim.

HADITH SUR LE MARIAGE TROP PEU APPLIQUÉ



عن أبي هريرة رضي الله عنه قال رسول الله صلى الله عليه و سلم: إذا خطب إليكم من ترضون دينه وخلقه فزوجوه، إلا تفعلوا تكن فتنة في الأرض وفساد عريض
(رواه الترمذي في سننه رقم ١٠٨٤)

Selon Abou Houreira, qu'Allah l'agrée, l'Envoyé d'Allah que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui a dit : « Lorsque vient à vous pour demander la main, celui dont vous êtes satisfait de sa religion et de son comportement, alors mariez-le. Si vous ne le faites pas il y aura sur la terre une épreuve et une grande corruption. »

Sunan at-tirmizhy n°1084

Que ceux qui s'aiment se marient


عن ابن عباس، قال: قال رسول الله صلى الله عليه وسلم: "لم نر - ير - للمتحابين مثل النكاح

D'après ibn 'Abbas qui a dit : 
L'Envoyé d'Allah -prière et bénédiction d'Allah sur lui- a dit :

« Il n'a rien a été constaté de tel (de mieux) pour ceux qui s'aiment que le mariage. »

Sunan ibn Mâjah, n° 1847

Si tu souhaites mémoriser un hadith, mets le en pratique.






Wakî’ a dit : « Si tu souhaites mémoriser un hadith, mets le en pratique. »









Amrû b. Qays al-Mala`î a dit : « Lorsqu’un hadith te parvient, mets le en pratique ne serait-ce qu’une seule fois et tu feras partie des gens du hadith ».

Dayfa Khâtûn (581/1185- 640/1242)



Elle fut la fille du dirigeant Ayyubide Sultan al-Malik al-'Âdil. Elle a épousé le sultan d'Alep Zâhir Ghâzî ; ce mariage a permis de mettre fin à une division entre ce dernier et le père de Dayfa et ainsi de renforcer le pouvoir Ayyubide.
Elle fut régente d'Alep en Syrie pour son petit fils Salâh ad-Dîn II durant 7 ans (de 634/1236 à 640/1242) et fut ainsi la seule dirigeante femme Ayyubide1.
Selon Ibn Wâsil, « Elle était juste envers ses sujets, très charitable et aimante envers eux. Elle a supprimé différentes taxes dans toutes les régions d'Alep. Elle a favorisé les juristes, les ascètes, les savants et les gens de religion, et leur a attribué beaucoup d'oeuvres de bienfaisance. »
Dayfa Khâtûn « a atteint une mesure sans précédent d'influence politique autonome, en devenant la première reine régente de son temps »2 de même que son patronage architectural fut « prodigieux ».
Elle était surtout mécène pour les fondations fournissant de la nourriture aux mystiques (dont des femmes). Elle est restée discrète dans ses apparitions en public, toujours bien voilée, de même que dans ses symboles royaux (pas de monnaie frappée à son nom ni de sermon de jumu'a dit en son nom), apparaissant comme vertueuse et chaste3. Elle avait un secrétaire qui était son porte-parole au conseil de régence et dans les affaires publiques.
Elle fut mécène principalement pour des abris (khânqâhs) pour étudiants en sciences religieuses et pour des mausolées, de même que deux grands bâtiments : la firdaws madrassa (plus utilisé par les hommes) et le khanqah al-Farâfra (pour les femmes soufies).
Elle était aimée par son peuple et à sa mort les portes de la ville ont été fermées durant trois jours par respect pour elle.4


1 Women, patronage, and self-representation in Islamic societies, D. Fairchild Ruggles, p. 31.
2 Women, patronage, and self-representation in Islamic societies, D. Fairchild Ruggles, p. 18.
3 Women, patronage, and self-representation in Islamic societies, D. Fairchild Ruggles, p. 22.
4A. Bewley, Muslim Women. A biographical Dictionary, 2004, p. 40.

NUR JAHAN


Nûr Jahân1 est née en 1577 en Perse et est décédée en 1645. Son vrai nom est Mir un-Nisâ qui signifie « soleil parmi les femmes ». Elle vécut au sein de la cour royale de l'Inde, car son père avait trouvé un emploi auprès du troisième empereur moghol2 d'Inde, et elle-même épousa un officier afghan de cette cour. Cependant elle fut veuve, entra au service du Harem et fut remarqué par le quatrième empereur Jahângîr pour sa beauté et son intelligence ; il l'épousa ainsi. Elle devint sa favorite et eut alors une énorme influence, réalisa des choses dans de nombreux domaines, et fut alors nommée Nûr Jahân, ce qui signifie « lumière du monde ».

Dans le domaine politique elle a eu une influence tellement grande qu'elle gouverna l'empire en partie à la place de son mari (alcoolique et drogué à l'opium). Elle a oeuvré pour posséder le droit de donner des arrêtés royaux, de manière à contrôler la plupart des aspects du gouvernement. Elle avait aussi le pouvoir de donner des promotions et des rétrogradations. Elle s'est aussi engagé dans la politique internationale, en établissant des liens avec des femmes nobles dans d'autres domaines ce qui augmenta la puissance de l'empire. Une preuve de son influence et de sa puissance est qu'elle a émis des pièces en son propre nom. Cependant, ceci ne dura que quelques années, les luttes intestines pour la succession du pouvoir ayant raison de son influence.
Militairement elle a participé à des expéditions avec son mari. Selon une légende, Nûr Jahân a organisé une armée pour sauver son mari lorsqu'il a été capturé par des rebelles ; elle aurait participé à la bataille en se juchant au sommet d' un éléphant, et tirant des flèches sur l'ennemi.
Dans le monde des affaires elle a joué un rôle en aidant le commerce à se développer, autant au niveau national qu'international.
Elle fut également une grande mécène et a fait construire un grand nombre de beaux palais, de jardins et de mosquées, comme la mosquée Masjid Pathar à Srinagar.
Dans le domaine des arts elle a composé et chanté de la poésie persane, et elle possédait une bibliothèque car elle aimait beaucoup la lecture. Elle aimait également la mode : elle aurait introduit de nombreux nouveaux modèles de robes dans le Harem au point où elle domina le Harem dans la mode, les femmes la prenant comme modèle.
Enfin, dans le domaine de l'humanitaire elle a aidé les femmes pauvres du royaume : elles leur fournissaient des terres, payait la dot des filles orphelines etc.
Cette femme de la civilisation islamique avait indéniablement de multiples talents et a laissé une trace dans l'Histoire.


Notes:

1 Cette biographie est tirée du site: http://www.maslaha.org/articles/featured-article/nur-jahan-mughal-empress. Pour connaître avec plus d'exactitude la véracité des faits historiques présentés dans notre traduction/adaptation il faut se référer aux travaux des historiens à son sujet.
2 L'empire moghol est une dynastie issue de Mongolie mais qui fut persanisée. Cet empire a régné sur l'Inde de 1526 jusqu'en 1756, date de la colonisation britannique.