LES SAVANTES QUI ENSEIGNAIENT AUX HOMMES


Le fait que des femmes, savantes religieuses de renom, enseignent à des hommes, fut un phénomène répandu le long de l'histoire de la civilisation islamique.

Déjà à l'époque prophétique les savantes les plus émérites, à commencer par plusieurs épouses du Prophète Muhammad (pbDsl), enseignaient largement à leurs compagnons masculins. Voir à ce sujet notre article : "le nombre d'élèves des épouses du Prophète (pbDsl)"

Ces quelques statistiques du nombre de professeurs femmes de quelques-uns des savants sunnites les plus connus suffisent à illustrer ce phénomène de l'enseignement des femmes dans les sciences islamiques :
Ibn Hajar al 'Asqalani a étudié avec 53 femmes, as-Sakhawi a eu des ijazas de 68 femmes, As-Suyuti a eu un quart de ses chouyoukh comme femmes  soit 331. Le Hâfizh ibn an-Najjâr (m. 643) a eu quelques 400 femmes enseignantes.2


1 Bewley, Muslim Women. A Biographical Dictionary, introdution p. vi .
2 M. A. Nadwi, Al Muhaddithat, p. XXI qui cite adh-Dhahabi, Siyar a'lâm an-nubala, xxii, 133.

(Article mis à jour)

Ceux qui ont transmis le hadîth de Aïcha



« L'imam Abû-l-Hajjâj mentionne plus de 300 apprenants ayant des narrations de [Aicha] dans les plus importants recueils de hadîths. Parmi ceux-ci figurent les célèbres compagnons 'Abdallah ibn az-Zubayr, 'Abdallah ibn 'Abbâs, 'Abdallah ibn 'Umar ibn al-Khattâb, 'Amr ibn al-'Âs, Abû Mûsâ al-Ach'arî, Abu Hurayrah, Rabî'ah ibn 'Amr al-Jurachî, ainsi que (parmi les tabi'un) al Aswad ibn Yazîd an-Nakha'î, 'Alqamah ibn Qays an-Nakha'î, 'Alî Zayn al-'Âbidîn, 'Atâ' ibn Abî Rabah, Hassan al-Basrî, Imam Ibrâhîm an-Nakha'î, 'Ikrimah le mawla d'ibn 'Abbâs, Mujâhid ibn Jabr al-Makkî, Muhammad ibn Sîrîn, Masrûq ibn Ajda', Makhûl, Nâfi' le mawla d'ibn 'Umar, Qâsim ibn Muhammad ibn Abî Bakr, Sâlim ibn 'Abdillâh ibn 'Umar, Sa'îd ibn Jubayr, Sa'îd ibn al-Musayyab, Sulaymân ibn Yasâr, Tâwûs ibn Kaysân, Imam Cha'bî, 'Ubaydullah ibn 'Abdillâh ibn 'Utbah ibn Mas'ûd, 'Urwah ibn Zubayr. »

M. Akram Nadwi, al-Muhaddithât. Notes for a talk on the women scholars of hadîth, p. 10.

Les savantes ayant eu un grand nombre de professeurs



Les grandes savantes en religion purent étudier avec de nombreux professeurs ou encore obtenir de nombreuses ijâzahs. « Par exemple Aïcha bint 'Umar ibn Ruchayd al-Fihri de Sabta au Maroc reçut des ijâzahs d'un grand nombre de savants en Egypte, à La Mecque, à Médine et en Syrie. Un autre exemple est Âsiyah bint Jârullâh ibn Sâlih ach-Chaybânî (m. 873) : le grand nombre de savants qui lui ont donné des ijâzahs sont listés par as-Suyûtî (m. 911) : on compte 105 noms dans sa liste, de différentes villes et lieux. »

Traduction de M. A. Nadwi, Al Muhaddithat, p. 107.

D'où Aicha avait tiré son savoir en médecine



« Ibn Hanbal (VI, 67) rapporte que 'Urwah, neveu de 'Aïchah, demanda un jour à celle-ci : « Je ne suis pas étonné que tu connaisses si bien le droit (tu es la femme du Prophète), ni même la poésie et l'histoire de l'Arabie pré-islamique (étant fille d'Abû Bakr le grand spécialiste de ces questions) ; mais ta connaissance de la médecine m'étonne, d'où vient-elle? Elle répondit : O mon petit 'Urwah, le Prophète ne se portait pas bien dans les derniers temps de sa vie ; les délégations de tous les points de l'Arabie venaient alors le visiter, et, apprenant l'indisposition du Prophète, chacune prescrivait des recettes, et ce fut moi qui le traitait selon ses recettes. De la ma connaissance ». »1
1 M. Hamidullah, Le Prophète de l'Islam. Sa vie son oeuvre, t.2, p. 721-722.

Un enfant peut-il diriger la prière ?


Les réponses sont données selon le Mukhtassar de Khalîl1, le grand ouvrage de référence malikite présentant de manière synthétique les questions de tous les chapitres juridiques, et valent donc pour l'école malikite.


La non validité qu'un enfant dirige les adultes dans les prières obligatoires

Khalil dit : « Et elle (la prière) s'annule pour avoir été dirigé par (…)2 ou un enfant (impubère) lors d'une obligatoire (...) » (p.40) 






Un enfant qui dirige les adultes dans les prières surérogatoires

Selon l'école malikite, un enfant impubère ne doit pas diriger les adultes même dans les prières surérogatoires, mais si jamais il le fait la prière reste valide :
La citation précédente continue  : « ...et dans autre qu'elle (dans autre que la prière obligatoire c'est-à-dire la surérogatoire) elle est valide même si ce n'est pas permis. » (p. 40)






Qu'un enfant dirige d'autres enfants en prière

Khalil dit  : « Il est permis (…)3 qu'un enfant [dirige en prière] ses semblables ».(p.40,41)









1 مختصر العلامة خليل édition (دار الذكر (1981
2 Khalîl cite ici une liste de catégories de personnes ne pouvant pas diriger la prière, sous peine de l'annuler pour les dirigés, nous passons directement au cas des enfants qui nous intéresse ici.
3 Khalîl précise la liste de plusieurs personnes dont il est permis qu'ils dirigent la prière, nous passons directement au cas des enfants qui nous intéresse ici.   




Une des femmes qui prodiguait des soins à l'époque prophétique



Parmi les compagnonnes ayant prodigué des soins à l'époque prophétique, il y eu la valeureuse Oumm 'Atiyyah Al-Ansariya.
Elle a dit : « J'ai participé avec le Prophète -prière et bénédiction d'Allâh sur lui- à sept conquêtes où je restais en arrière (dans le campement) des hommes, je préparais leur manger, soignais les blessés et assistais les malades. » (sahih Muslim, 1812)

L'Envoyé d'Allah, bénédiction et salut d'Allâh, offrit des bijoux à sa petite-fille Umamah



Il est rapporté qu'une fois le Messager d'Allah, bénédiction et salut d'Allâh, vint à sa famille avec un collier en onyx. Il dit : « je vais le donner à la personne que j'aime le plus. » Les femmes dirent : Il va le donner à la fille d'Abu Bakr. Il appela la fille d'Abul 'As par Zaynab [sa petite-fille Umamah] et lui remit dans sa main. Elle avait une sécrétion à l'oeil et il l'essuya avec sa main.

Tabaqat ibn Sa'd.