Le rôle de 'Asma bint Abî Bakr dans l'hégire de l'Envoyé d'Allah saws



Ce qui rendit Asma bint Abï Bakr le plus célèbre est sans doute le rôle actif qu'elle joua en aidant le Prophète, paix et bénédiction d'Allah sur lui, et son père lors de l'hégire. Ce fut notamment elle qui les approvisionna en nourriture tout en cachant leur localisation.


Voici le résumé des événements d'après la Sira d'ibn hicham :
Après que le Prophète, paix et bénédiction d'Allah sur lui, échappa au complot visant à le tuer dans son lit où 'Ali a avait pris sa place, il alla se réfugier chez Abu Bakr. « Selon ibn Ishaq (élève d'abu hanifah, écrit sa sira vers fin du 1er siècle), personne ne connaissait le moment exact auquel le Prophète émigra excepté 'Ali, Abu Bakr et sa famille1. » Abu Bakr avait demandé la permission au Prophète de l'accompagner et tous deux partirent se réfugier dans la grotte d'une montagne derrière la mecque appelée thawr. Abdullah le fils d'Abu Bakr était chargé d'écouter les nouvelles de leurs recherche par les Quryach le jour, pour leur rapporter la nuit, de même que Asma' venait la nuit leur apporter des provisions, et le serviteur d'Abu Bakr, 'Amir ibn fuhayrah faisait marcher le troupeau de mouton la journée pour effacer les traces de ces passsages, tout comme il leur ramenait du lait des moutons de jour. Ils restèrent 3 jours dans la grotte puis décidèrent de partir avec le sac de provision de Asma.


Al boukharî dans son sahih relate un hadîth qui donne une autre précision sur la manière dont Asma approvisionnait Abu Bakr et le Prophète, paix et bénédiction d'Allah sur lui : le surnom d'Asma comme « la femme aux deux ceintures » est depuis passé à la postérité.

Asma a dit : « Lorsque le Prophète (prière et salut sur lui) décida de partir pour l’Hégire, je me chargeais de préparer les provisions de route dans la maison d’Abou Bakr, mais je ne trouvai pas de corde pour nouer son sac de vivres et sa gourde. - Je ne dispose pour les nouer que le cordon de ma ceinture, dis-je à Abou Bakr. - Sépare-le en deux, me dit-il et noues-en avec, la gourde et le sac. J’obtempérais à ce qu’il me dit et depuis, on m’appelle la femme aux deux ceintures, conclut Asma. »

En conlusion, cette anectode montre comment une éminente femme musulmane a participé à la cause d'Allah. Egalement la meilleure parole pouvant illustrer l'esprit que doit avoir le musulman lorsqu'il agit pour sa religion dans ce même contexte est le verset qu'al Boukhârî cita concernant cette histoire :

« Emportez des provisions de route, mais la crainte de Dieu est la meilleure des provisions. » (Coran s.2 v.197) 



1 Sa famille comprenait ses deux filles Asma et Aïcha.

REPONSES AUX OPPOSANTS A LA PARTICIPATION DE LA FEMME MUSULMANE A LA VIE SOCIALE



Notre article, initalement paru sur islammag sous le titre « LA PARTICIPATION DE LA FEMME MUSULMANE À LA VIE SOCIALE (SUITE ET FIN) », résume les arguments d'Abu Chouqqa dans son Encyclopédie de la femme musulmane.


3ème volet : Discussion autour des objections aux opposants de la participation de la femme à la vie en société
Abu Chouqqa étudie plusieurs objections que les opposants à la participation de la femme musulmane à la vie de la société avancent, et y répond. Nous présentons quatre de ces objections, qui tournent essentiellement autour du prétexte de la mixité pour entraver l'action des femmes, et nous indiquerons les réponses de notre auteur, avec quelques compléments :

●  Objection n° 1 : Les Textes sacrés montrant cette participation féminine sont liés au Prophète, lui sont spécifiques et sont sans portée générale.
La réponse à cette objection est que le principe dans les relations sociales (mu'âmalât) est : « tout est autorisé sauf ce qu'Allâh et son Envoyé ont apporté comme preuve d'interdiction » » ; et il faut des preuves pour dire qu'une loi est spécifique au Prophète . D'ailleurs, si l’on dit que ces Textes étaient spécifiques au Prophète , alors qu'en est-il de toutes ces femmes qui ont été en contact avec lui? (cela n'était pas spécifique pour elles). J’ajouterai que cette participation des femmes à la vie sociale se faisait non seulement au contact du Prophète  mais également des autres hommes de l’époque, et qu’elle s’est poursuivie de la même manière à l’époque des Califes bien guidés et au-delà comme le montrent tous les livres d'Histoire. 

●  Objection n° 2 : les contacts entre hommes et femmes chez les sahabas sont particuliers et sans portée générale.
Cette objection ne tient pas du fait des trop nombreux cas divers et variés d’une part, et du fait d’autre part que ce qui est valable du temps du Prophète  l'est pour les temps futurs et que des imams comme Al-Bukhârî et Ibn Hadjar en ont bien tiré des règles générales, pour ne citer qu'eux. J’ajouterai que la voie des sahabas (qawl as-sahabi plus précisément, qui signifie l'opinion du compagnon) est une source reconnue de la jurisprudence islamique et le fait est que les sahabas ont agréé cette participation de la femme à quasiment toutes les échelles. Ultérieurement, nombreux sont les savants qui ont tirés des règles générales de ces hadiths sur les sahâbiyât.

●  Objection n° 3 : ces contacts étaient motivés par la nécessité.
La réponse est que si ces contacts étaient motivés par la nécessité il faut alors une preuve de l'interdiction première, de plus il faut montrer où est la nécessité et enfin, on demande à ces opposants : qui a rapporté cette nécessité chez les grands imams prédécesseurs ?

●  Objection n° 4 : la société du temps du Prophète  était une société vertueuse où la tentation n'était pas à craindre, à l'inverse de notre société dissolue où la tentation est omniprésente.
Abu Chouqqa répond qu’il est obligatoire de se conformer au modèle du Prophète , et puis il y avait aussi des hypocrites, des non musulmans dans cette société.
J’ajouterai que malgré la vertu ambiante il y a eu des cas d’adultères et de fornication, il y avait beaucoup de tribus nouvellement converties qui étaient loin d’avoir atteint un niveau général de vertu (dont un certain nombre ont d'ailleurs apostasié dès la mort de l'Envoyé ) contrairement à la société directement au contact du Prophète. Ce dernier n’a pas pour autant limité leur mixité, pas plus que ne l’ont fait les Califes bien guidés après lui [1], sachant que cette mixité était saine et suivait les règles de la charî'ah. Ainsi il est malheureux de vouloir limiter le champ d’action des femmes au sein de la société sous prétexte de la mixité alors que celle-ci ne fait que suivre la bienséance et les règles islamiques connues (partage d'un espace commun entre les hommes et les femmes, mais avec des limites dans le regard, l'habillement, et une interdiction de l'isolement entre un homme et une femme non-mahram et de ce qui constitue une fitnah). Qui chez nos pieux prédécesseurs aurait empêché les femmes d’œuvrer dans la société ? Par ailleurs, si les gens qui veulent interdire toute mixité même dans le respect des règles islamique le font au motif de la différence entre les mœurs d’aujourd’hui et ceux de la société prophétique, pourquoi ne demandent-ils par exemple pas de restreindre l’application des Huddud (les sanctions pénales fixées par les Textes sacrés) ou encore de la polygamie au nom de cette même différence ? Et qu'Allâh nous préserve d'altérer Sa religion.

Conclusion
En conclusion, non seulement il existe de nombreux motifs légitimes pour la femme musulmane de participer à la vie de la société, en plus du fait que les arguments de ceux qui s'y opposent sont largement contestables, voire complètement infondés, mais rétablir cet aspect de la religion est une nécessité. Il s’agit de la sauvegarde de la religion telle qu’elle est révélée par les Textes et comprise par les sahabas et leurs successeurs.
En outre, on ne peut rester passif face au fait d’enlever aux femmes leurs droits les plus élémentaires. Celui qui rétablit la vérité en la matière et oeuvre à la faire appliquer ne fait que suivre l'exemple de certains pieux prédécesseurs qui ordonnaient le bien et interdisaient le mal, y compris en matière de droit des femmes :
'Abdallah Ibn 'Omar dit « Le Prophète  a dit : « N'interdisez pas aux femmes de se rendre à la mosquée la nuit. ».Un fils de 'Abdallâh ibn 'Umar dit : « Nous ne les laisserons pas sortir et prendre cela comme prétexte ». Le fils de 'Umar le réprimanda (une variante ajoute: 'Abdallâh lui proféra une insulte que jamais je ne l'avais entendu adresser à quiconque), et s'exclama: « Quoi, je te répète les paroles du Prophète , et tu dis : nous ne les laisserons pas! »[2].
Les femmes musulmanes et les hommes musulmans sincères, soucieux d’être fidèles à leur religion telle qu’elle a été révélée et telle qu’elle a été comprise par les premières générations bénies de musulmans, les salaf as-salih, devraient suivre ce dernier exemple en matière de rétablissement du droit des femmes en général et en ce qui concerne leur participation à la sphère sociale en particulier.
{Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils commandent le convenable, interdisent le blâmable accomplissent la Salât, acquittent la Zakat et obéissent à Allah et à Son messager. Voilà ceux auxquels Allah fera miséricorde, car Allah est Puissant et Sage.} (Coran s. 9 v. 71)
Wa Allahu ‘Alem (Allâh est le plus Savant).


[1]          À l'époque de ces Califes, les futuhât se sont intensifiés et de plus en plus de peuples avec des mœurs et des cultures diverses et variées ont embrassé l'Islam, et la majorité de ces musulmans ne vivaient pas en contact avec les grands sahabas formés à l'éducation prophétique : il est difficile de prétendre à la grande vertu de toutes ces peuplades, surtout lorsqu'on sait que les premières grandes dissensions de la oummah (chiisme, kharijisme etc.) sont venues de certaines d'entre elles...
[2]          Rapporté par Muslim dans son Sahih.



LES MOTIFS DE LA PARTICIPATION À LA VIE SOCIALE POUR LA FEMME MUSULMANE – partie 1





L’Encyclopédie de la femme musulmane d'Abu Chouqqa fait partie de ces ouvrages importants sur le plan de la pensée, de l'érudition, et même de la jurisprudence islamique, et qui restent pourtant trop méconnus. Le caractère volumineux de l'ouvrage (6 volumes dans la première édition et 2 volumes dans la dernière) et par conséquent son prix doivent certainement y jouer. Pourtant, c'est un ouvrage incontournable que toute personne s'intéressant à la question de la femme en Islam devrait acquérir.
 Dans cet article, nous avons décidé de présenter sous forme succincte ce qui nous paraît être l'apport majeur de cet ouvrage : l'étude de la participation de la femme musulmane à la vie sociale. En effet, s'il est un aspect largement négligé et même renié dès qu'il s'agit de la femme, c'est bien celui de son rôle extra-familiale, et c'est cet aspect sur lequel les rénovateurs  musulmans devraient faire davantage de recherches. En outre, nous ne serions que trop encourager les musulmans à la lecture complète de l’Encyclopédie de la femme musulmane.  

    1. Les motifs de la participation à la vie sociale de la femme musulmane extraits du coran et de la sunnah 
Dans son ouvrage Abu Chouqqa a extrait du Coran et de la Sunnah onze motifs de participation de la femme à la vie de la société. Chacun de ces motifs est appuyé par des exemples issus des Textes sacrés. Il est possible d'y extraire d'autres motifs d'une participation sociale féminine, mais nous nous bornons ici à citer ceux issus de l'analyse de notre auteur, en en détaillant quelques-uns :
 ●       Rendre la vie plus facile. 
L'auteur cite dans cette catégorie le fait que les femmes allaient interroger directement l'Envoyé de Dieu   sur des questions de jurisprudence. 
●       Permettre à la personnalité de la femme de se développer. 
Les hadîths reliés à cette catégorie concernent les aspects suivants : faire des bonnes actions de charité, fréquenter le Prophète   pour apprendre et s'inspirer de lui, participer à des débats de société… 
●       La recherche du savoir 
●       L'accomplissement des bonnes actions 
●       Ordonner le bien et interdire le mal 
●       Appeler à la religion de Dieu 
●       Le Jihâd dans la voie de Dieu 
Les femmes parmi les compagnons se sont illustrées dans de nombreuses batailles, comme celle de Uhud, de Tabouk, de Khaybar, etc. Elles portaient de l’eau aux combattants, soignaient les blessés, rapatriaient les morts, encourageaient les soldats et ont même, à certaines occasions, participé directement aux combats.
 
●       La pratique de métiers 
Les femmes musulmanes de l’époque prophétique exerçaient différents métiers, certaines étaient agricultrices, bergères, artisanes (fabrication de vêtement, de chaussures, tannage de peaux de cuir…), infirmières, médecins, professeures de lecture et d’écriture, muhtasib (chargé d’ordonner le bien et de réprimander le mal dans le marché de Médine)…En plus de ces exemples cités par Abu Chouqqa dans l’Encyclopédie de la femme musulmane, nous pouvons ajouter comme métiers exercés par les femmes et cités dans les recueils de hadîths ou les ouvrages biographiques : enseignantes en religion, femmes d’affaires, commerçantes, notamment des vendeuses de parfums, coiffeuses, nourrices, servantes… 
●       L’activité politique 
●       Faciliter les occasions de mariage 
●       Faciliter les distractions pures et la présence aux célébrations et aux rassemblements visant au bien 
Abu Chouqqa conclut que cette participation sociale féminine fait partie sans ambiguïté de la voie même de l'Envoyé d'Allâh  , de sa sunnah : « C'est la voie qu'il a choisie et qu'il a effectivement pratiquée, dans tous les domaines publics et privés de la vie, de sorte que c'était la pratique générale de la société musulmane à son époque. Avant d'être une tradition de notre Prophète (que Dieu lui accorde la grâce et la paix), cette participation était la Pratique des prophètes de Dieu, la paix sur eux tous. »  
Cette participation est également explicite (qat'i), tant que sur le plan de la transmission -trois cents hadîths  rien que dans les Sahih d'al-Boukhârî et Muslim entre les actes, les paroles et les assentiments du Prophète  !- que sur la plan de la signification (car la plupart des textes sont totalement clairs et sans ambiguïté). Cette participation implique également un contact régulier entre hommes et femmes dans la société, ce contact étant géré par les règles de la charî’ah. 
 
    2. Les motifs de la participation à la vie sociale de la femme musulmane issus de l'Ijtihâd en fonction de notre contexte
En plus de ces motifs que notre auteur a pu extraire directement des Textes sacrés, une réflexion sur l’évolution de la société en rapport avec la place qu’y occupent les femmes permet d’extraire des nouveaux motifs de la participation de la musulmane à la vie de la société par un Ijtihâd. Abu Chouqqa cite les aspects suivant selon son analyse : 
●       Le besoin que beaucoup de femmes ont de travailler et de sortir de chez elles. 
●       Le besoin accru de la participation de la femme à l'activité sociale et politique. 
●       La complexité de la société moderne et l’accroissement du nombre des institutions de tout ordre avec lesquelles les hommes et les femmes sont en contact. 
●       La disparition des domestiques obligeant les femmes à sortir pour accomplir leurs tâches et l’accroissement des tâches au sein du foyer. 
●       L’augmentation des distances entre les villes et des déplacements (école, médecin) : la femme fait ces déplacements, car l'homme n'en a plus le temps. 
●       L'urbanisation moderne avec les grands immeubles : la femme a besoin de sortir pour s'aérer de ce cadre étouffant. 
●       La distance accrue entre les membres de la famille : la femme doit sortir, voire se véhiculer pour aller visiter sa famille. 
Dans tous ces aspects, les hommes et les femmes peuvent se côtoyer dans le respect des règles islamiques ; il serait en effet difficile pour ne pas dire impossible d’exiger une séparation totale des sexes dans les différentes sphères de la société où la présence des hommes comme des femmes relève du besoin voire de la nécessité.

[1]  Nous entendons par rénovateurs musulmans ceux qui entendent proposer une réforme intellectuelle de la pensée musulmane d'une époque donnée à cause des corruptions qui s'y sont glissées, afin de revenir vers une vision plus proche du Coran et de la Sunnah d'une part, avec une bonne compréhension du contexte d'autre part.
[2]        p. 59-60, tome 2.
[3]  Abu Chouqqa a en effet dénombré trois cents hadîths montrant la participation sociale des musulmanes dans les Sahihayn (les deux Sahih d'al Bukhârî et Muslim) et il va s'en dire qu'il en existe beaucoup plus dans les autres recueils et que l'on pourrait établir bien d'autres classements que celui présenté plus haut. Le Coran montre également plusieurs exemples de femmes dans la vie sociale, telles la Reine de Saba, les filles de Chou'ayb allant chercher l'eau au puits fréquenté par une foule de bergers, la sœur de Mûsâ suivant le périple de ce dernier dans son couffin jeté dans le fleuve jusqu'au palais de pharaon, la plainte de Khawla bint Tha'laba auprès du Prophète,  car son mari l'avait injustement divorcé (voir début de la sourate al Moujâdalah).

INVOCATION FACE A LA TENTATION...



Zayd ibn hâritha, le compagnon que l'Envoyé d'Allâh (pbDsl) considérait comme son fils adoptif avant la révélation du verset interdisant de prendre des enfants adoptifs au point de changer leur lignage, s'était marié à Zaynab bint Jahch, une fervente croyante Quraychite, belle de surcroît. Une fois que le Prophète (pbDsl) alla chez elle afin de chercher Zayd, qui n'était d'ailleurs pas là, il la vit dans un simple vêtement et il en fut troublé. Il détourna alors son regard et elle l'entendit murmurer : « Pureté à Allâh l'immense ! Pureté à Celui qui tourne les coeurs. » (1)
Un verset du Coran descendit quelque temps plus tard qui fit allusion à ce secret de l'âme du Messager d'Allah (pbDsl) : une occasion d'enseigner aux croyants comment faire face à la tentation naturelle...
{Il n'appartient pas à un croyant ou à une croyante, une fois qu'Allah et Son messager ont décidé d'une chose d'avoir encore le choix dans leur façon d'agir. Et quiconque désobéit à Allah et à Son messager, s'est égaré certes, d'un égarement évident. Quand tu disais à celui qu'Allah avait comblé de bienfaits, tout comme toi-même l'avais comblé : “Garde pour toi ton épouse et crains Allah”, et tu cachais en ton âme ce qu'Allah allait rendre public. Tu craignais les gens, et c'est Allah qui est plus digne de ta crainte. Puis quand Zayd eût cessé toute relation avec elle, Nous te la fîmes épouser, afin qu'il n'y ait aucun empêchement pour les croyants d'épouser les femmes de leurs fils adoptifs, quand ceux-ci cessent toute relation avec elles. Le commandement d'Allah doit être exécuté.} (2)


  1. Ibn Sa'd al Baghdâdî, Tabaqat al Kubra, vol. 8.
  2. Sourate 33 v. 36-7.

Une méthode de Aicha qu'Allah l'agrée pour perfectionner ses connaissances..



Alors que les recherches et débats sur la pédagogie de l'instruction se multiplient dans la société moderne, non sans intérêt bien évidemment, et que les musulmans dans le domaine de l'enseignement les prennent largement comme référence, il serait bon qu'ils prennent le réflexe d'aller puiser dans leur propre religion, leur propre civilisation, ce qui a fait le succès de l'essort prodigieux des sciences religieuses et de la nature du passé.

Exemple : une méthode de perfectionnement des connaissances venant de Aicha, qu'Allah l'agrée :

« D’après Ibn Abou Mulaïka, ‘Aïcha la femme du Prophète n’avait jamais connaissance d’une chose dont elle ne saisissait pas le sens, sans insister auprès du Prophète afin d’obtenir des explications. » Sahih Al Boukhari.



KHADIJAH A L'ORIGINE DE LA DEMANDE EN MARIAGE A MUHAMMAD RASULALLAH saws



Sensible aux nombreuses qualités de Muhammad saws suite au fait qu'elle l'avait engagé pour son commerce, Khadîjah en parla à son amie Nufaysa qui en fit part à Muhammed saws. Ainsi ce fut elle qui prit l'initiative de demander en mariage Muhammad saws de façon subtile.


« Elle donnait à penser qu'elle ne souhaitait pas se remarier. Il semble, cependant, qu'elle ait été sensible aux nombreuses qualités de Muhammad et qu'elle se soit prise pour lui d'un tendre attachement, puisqu'elle s'en confia à une amie, Nufaysa, qui s'arrangea pour parler à Muhammad. Voici ce qui nous est rapporté de cette conversation :
Nufaysah trouva un jour l'occasion de parler à Muhammad dans l'intimité. Elle lui dit : « Tu es maintenant assez âgé ; tu es de bonne famille et tu es réputé pour ton bon caractère, pourquoi donc ne te maries-tu pas ? Tu dois facilement trouver une fille convenable. » Muhammad s'excusa en disant qu'il n'avait pas les moyens d'entretenir un foyer séparé. Et elle de dire : -Mais si tu en trouves une qui soit riche en même temps que belle et de bonne famille ? Tout étonné, il lui demanda : -Qui peut-elle être ? Nufaysah répondit : - Khadîja ! Muhammad reprit : - Impossible qu'elle m'accepte : tous les riches de la ville l'ont recherchée et elle n'a fait que refuser. Nufaysah l'assura : - Si la proposition te plait, confie-moi cette affaire, et je parlerai à notre amie commune. » M. Hamidullah, Le Prophète de l'islam. Sa vie, son œuvre. t.1, p. 69.



Aïcha bint Talha



Aïcha bint Talha fait parti de la génération des tâbi'un1 et fut la nièce d'Aïcha la mère des croyants. Elle passa beaucoup de temps auprès de cette dernière, vécu chez elle durant une certaine période et fut instruite par elle. Réputée pour être belle et cultivée, on la connaît principalement car elle a transmis des hadîths ; elle tenait des assemblées et beaucoup de gens dont des savants venaient la visiter ou lui écrivait du fait de sa proximité avec Aïcha la mère des croyants et de sa connaissance de la religion.

« Mûsâ ibn 'Abdillah dit : Aicha bint Talha nous a rapporté : Je parlais à Aïcha [la mère des croyants] lorsque j'étais sous sa protection. Les gens avaient l'habitude de venir [chez Aicha] la visiter de tous les lieux.Les chouyoukhs me visitaient du fait de ma place avec elle. Les jeunes hommes me traitaient comme une soeur et m'offraient des cadeaux et m'écrivaient depuis leur ville. Je disais à Aîcha : tante, ceci est une lettre de tel et tel ainsi qu'un cadeau de sa part. Alors Aïcha me répondait : Mon enfant, répond-lui et récompense-le. Si tu n'as rien pour le récompenser, je te donnerais [quelque chose]. Ensuite elle me donnait [quelque chose pour lui]. » (Al Bukhârî, adab al mufrad, n° 1118)

Elle aurait également discuté d'astronomie, d'histoire et de littérature.2 Elle n'était sans doute pas la seule femme très cultivée de la période des successeurs puis de leurs suivants.
Aïcha bint Talha est décédée après l'année 100 de l'hégire (année 718 grégorienne).3


1Ce sont les « successeurs » : ceux qui ont rencontré des compagnons en étant musulmans et sont morts musulmans.
2 Bewley A. A., Muslim Women. A Biographical Dictionnary, Ta-Ha Pulishers Ltd., London, 2004, p. 9.
3 Idem.