Les chirurgiennes au 15ème siècle en Turquie


Après ces premiers noms1 de l'histoire islamique primordiale, d'autres femmes ont pratiqué la médecine et les soins. Peu d'entre elles furent répertoriées. Cependant, une recherche sérieuse dans les livres d'histoire, de médecine et de littérature fournira certainement des données précises sur leur vie et leurs accomplissements.
Au 15ème siècle, un chirurgien turc, du nom de Serefeddin Sabuncuoglu (1385-1468), auteur du célèbre manuel de chirurgie « Cerrahiyyetu'l-Haniyye » n'a pas hésité à illustrer les détails des procédures obstétriques et gynécologiques ni à décrire les traitements pour femmes et les procédures pratiquées sur les patientes féminines. Il a également travaillé avec des chirurgiennes, tandis que ses homologues masculins de l'Ouest trouvaient à redire envers les femmes guérisseuses.
(…)
L'attitude envers les femmes dans l'histoire de la médecine reflète la vision générale que la société a envers les femmes durant la période. Il est intéressant de noter que dans le traité de Serefeddin Sabuncuoglu nous pouvons trouver une ouverture d'esprit envers les femmes, incluant les praticiennes dans le domaine complexe de la chirurgie2.

1 Ach-Chifa' bint ،ٔAbdullah et Nusayba bint al Harîth étaient cités au paragraphe du dessus de l'article comme des femmes ayant pratiqué de la médecine à l'époque prophétique. Et il y en eu d'autres.

2 Traduction d'un extrait de l'article: http://muslimheritage.com/topics/default.cfm?ArticleID=1204


Jâbir et sa femme préparent à manger pour les travailleurs du fossé et le Prophète pbDsl répand la bénédiction dans cette nourriture.



Jâbir ibn 'Abdallah a rapporté : « Le jour du Fossé alors que nous creusions le sol, nous découvrîmes un rocher très dur. Nous partîmes pour en parler au Prophète et il nous répondit : - Je descendrai moi-même. Il arriva, le ventre compressé par une pierre, parce que nous avions passé trois jours sans rien mettre sous la dent. Le Prophète s’empara d’une pioche et s’attaqua à la roche qui fut réduite en sable. Jâbir dit alors : « Ô Envoyé de Dieu, m’autorises-tu à aller chez moi ? » J’eus son accord et dès mon arrivée je dis à ma femme : « Je viens de voir que le Prophète est dans un tel état qu’il ne pourra pas continuer. As-tu de quoi manger ? – Je possède, me répondit-elle, de l’orge et une jeune chèvre. » J’égorgeai la chèvre alors que ma femme se mit à moudre l’orge. »
« Une fois que nous eûmes disposé la viande dans la marmite, je retournai auprès du Prophète. La pâte gonfla entre-temps et la viande dans la marmite finissait de cuire. « J’ai préparé un repas, ô Envoyé de Dieu, lui dis-je, viens manger et prends quelqu’un ou deux personnes avec toi. - En quelle quantité est le repas ? me demanda-t-il. – Je lui donnai les détails. - C’est beaucoup et c’est bon, me dit-il. – Dis à ton épouse, continua-t-il de laisser la marmite sur le feu et le pain au four jusqu’à mon arrivée. Puis se tournant vers ses compagnons, il leur lança : - Debout ! » Les Mohadjirine et les Ansar s’ébranlèrent. Une fois chez lui, Jâbir dit à sa femme : « Pauvre de toi ! Le Prophète est venu et avec lui, les Mohadjirine, les Ansar et tous les autres (ouvriers). – T’a-t-il questionné sur la quantité de repas que nous avons ? lui demanda-t-elle. – Oui, répondit-il. Une fois arrivé, le Prophète dit à ses compagnons : « Entrez avec calme. » Puis il commença à rompre le pain et à poser dessus de la viande, recouvrant à chaque prélèvement la marmite et le four. Dès que des portions étaient prêtes il en faisait la distribution à ses compagnons et revenait en préparer d’autres. Il poursuivit ainsi son travail, à rompre du pain et à retirer des morceaux de viande de la marmite, jusqu’à ce que tout le monde fut rassasié. Mais malgré cela il y avait encore de la nourriture ; il dit à l’épouse de Jâbir : « Restaure-toi et distribue le reste aux fidèles, car la faim les fait souffrir. »

Sahih al Boukhârî, avec différentes versions.


Les femmes aussi prêtent allégence au Prophète pbDsl



Parmi les actes forts que les musulmans réalisaient lorsqu'ils venaient de se convertir à l'islam : le fait de prêter allégence au Prophète pbDsl. Ainsi ils s'engagaient à obéïr à des grandes prescriptions divines, à obéïr au Prophète pbDsl, et à le défendre contre ses ennemis. Point important : les femmes aussi prêtaient allégence. Que ce soit individuellement, ou même collectivement.
Après la conquête de La Mecque, les qorayshites, anciennement ennemis de l'Islam, se sont converti en masse. Ils sont venus portés allégence au Prophète (saw) et parmi eux figurait un groupe de femmes conduit par Hind bint Utba. Parmi ces femmes se trouvait la soeur de 'Uthman ibn 'Affân, âmina bint 'Affâ,. Rayta bint munabbih, l'épouse de 'Amr ibn al-'As prêta allégence le jour de la conquête et le Prophète pbDsl dit de son fils Abdallah et de ses parents qu'ils étaient excellents. Fatima bint al Walîd ibn al Mughirâ prêta allégence le jour de la conquête1.

1 Ibn Sa'd al Baghdâdî, tabaqat al Kubra, trad ang. Women of Medina, p. 183.

Des femmes musulmanes calligraphes et copistes


Les femmes musulmanes se sont illustrées dans le domaine de la calligraphie et de la copie tout au long de l'histoire, certaines ayant acquis une véritable réputation en la matière. Quelques-unes d'entre elles :

'Â'isha bint Muhammad al-Harrâniyya, une savante en Hadîth de Syrie (647/1249 – 736/1336) travaillait en temps que calligraphe. Durra al-Kâtiba était une des secrétaires, (scribe)des dirigeants famitides à Tunis. Sa copie du coran est célèbre. Farîda Khânûm était une calligraphe ottomane. Fâtima bint Ahmad Nafa était une copiste en Mauritanie.1tima bint 'Alî ibn Mûsâ (m. 464/1071) était une calligraphe qui avait appris le coran par coeur dès l'âge de neuf ans.
tima bint al-Hasan al-Aqra' était une calligraphe à l'époque des Abbassides. Elle écrivait en style mansûb et fut imitée par les calligraphes de tout le monde musulman. Le calife al-Muqtadir (m. 932) prisait tellement sa calligraphie qu'il lui a fait écrire la lettre de trêve entre Byzance et Bagdad à l'empereur byzantin. Un vizir lui remit la somme de mille dinars pour avoir particulièrement aimé son style et son éloquence dans une note qu'elle lui avait écrite2.

1 A. Bewley, Muslim Women. A biographical Dictionary, respectivement pages 8, 42, 44, 47.
2 George Nicholas Atiyeh, The book in the Islamic world: the written word and communication in the Middle East, p. 145.




Fâtima bint Muhammad ibn ahmad as-Samarqandî


Fâtima bint Muhammad ibn ahmad as-Samarqandî (environ 578/1182, à Alep en Syrie) fut une grande savante, en Fiqh et en Hadîth particulièrement. Son père était lui-même un savant. Fatima était extrèmement belle, alors beaucoup de rois l'ont demandé en mariage mais son père refusa toujours. Et puis un jour, un de ses étudiants dénommé al-Kasânî était particulièrement brillant et a écrit un commentaire de de ses livres [à son père]. Le père fut tellement enchanté par ce livre qu'il maria sa fille avec cet étudiant et le commentaire en était la dot. Cet homme, al-Kasânî, devint savant à son tour, un juriste hanafite, et Fatima corrigeait ses jugements et énonçait elle-même des fatwas conjointement avec son père. Même le sultan syrien avait engagé Fatima pour conseiller sa famille sur des sujets juridiques.1

1Bewley A. A., Muslim Women. A Biographical Dictionnary, Ta-Ha Pulishers Ltd., London, 2004, p. 54.

Portraits de poétesses musulmanes



Beaucoup de femmes musulmanes se sont adonnées à la poésie tout au long de la civilisation islamique, que ce soit à titre accessoire ou même à titre professionnel. Nous présentons ici une liste succincte parmi toutes celles ayant pu existé, en différents endroits et à différentes périodes, avec un aperçu de leurs autres talents lorsque l'information était disponible.

Fadl ash-shâ'ira (décédée en 260h/874g1) de Basra était considérée comme la meilleure poétesse de son temps, elle composait des élégies pour les califes et les rois. Ibrâhîm ibn al-Mahdî dit d'elle : « Fadl ash-shâ'ira avait la meilleure calligraphie des créatures d'Allah, les mots les plus éloquents, l'allocution la plus fluide, et la fermeté dans le débat.2 »

'Âbida bint Muhammad zl-Juhaniyya était une poétesse, écrivaine et calligraphe, du 4ème siècle hégirien (10ème siècle grégorien), qui vivait à Bagdad. Elle récita l'un de ses poèmes lors d'une réunion organisée par le gouverneur 'Adud ad-Dawla, à l'occasion de l'Aïd 317h/929. Elle a également écrit une satyre sur l'un des vizirs.3

'Â'isha bint Ahmad al-Qurtubiyya fut une poétesse, une calligraphe et une copiste du Coran. Elle a vécu en Andalousie sous les Umayyades (est décédée en 400 de l'hégire/1009 de l'ère grégorienne) et fut la tutrice et la gouvernante des enfants du vizir Ibn Abî 'Âmir.4

Au Maroc, nous pouvons citer la poétesse 'Â'isha bint 'Umâra Al Hasaniyya, considérée comme unique en son temps (6ème hégirien/12è siècle grégorien) dans l'art de la poésie5.

Dans la Perse Safavide, Bîdilî, la mère de shaykhzâdâ Ansârî était une poétesse, de même que son fils et son mari6.

Buthayna bint al mu'tamid ibn 'Abbad, connu pour sa beauté et sa vivacité d'esprit, était une poétesse de Séville et fille du dirigeant de la ville7.

'Â'isha bint Yûsuf al-Ba'ûniyya était une savante, soufie, auteure, poétesse et professeur. Elle a vécu à Damas et au Caire, est décédée en 922 de l'hégire (1516 de l'ère grégorienne). Elle a écrit des ouvrages de Fiqh, de tasawwuf et de poésie, elle enseigna le Fiqh et donna des fatwâs au Caire.8

tima bint 'Abdu'l-Qadîr ibn Muhammad (878h/1475g-966h/1558g9) était une savante religieuse en plus d'être une calligraphe et une copiste. Elle a copié beaucoup de livres, son mari était enseignant dans la Madrasa Rawwâhiyya et elle-même était à la tête des Khanqâh 'Âdiliyya d'Alep et Zajjâjiyya10.

L'iranienne Begum (shâh Mulk) a écrit une collection de poésie (diwan) qui fut admiré, au 10ème siècle hégirien (16ème siècle grégorien)11.

Amatu'llâh bint Muhammad Sadaqî, de Constantinople (décédée en 1115h/1704g). Elle était poétesse et écrivaine, a composé une collection de poèmes (diwân) d'élégie et une collection de poèmes d'amour.12

'Â'isha bint 'Ismat bint Ismâ'îl Taymûr fut une poétesse qui écrivit plusieurs collections de poésie en arabe, turque et perse. Elle a vécu au Caire, de 1256h/1840g à1306h/1889g (ou 1902)13


1g. pour l'année grégorienne et h. pour année hégirienne.
2Bewley A. A., Muslim Women. A Biographical Dictionnary, Ta-Ha Pulishers Ltd., London, 2004, p. 43.
3Bewley A. A., Muslim Women. A Biographical Dictionnary, Ta-Ha Pulishers Ltd., London, 2004, p.2.
4Bewley A. A., Muslim Women. A Biographical Dictionnary, Ta-Ha Pulishers Ltd., London, 2004, p. 5.
5Bewley A. A., Muslim Women. A Biographical Dictionnary, Ta-Ha Pulishers Ltd., London, 2004, p.10.
6Bewley A. A., Muslim Women. A Biographical Dictionnary, Ta-Ha Pulishers Ltd., London, 2004, p. 33.
7Bewley A. A., Muslim Women. A Biographical Dictionnary, Ta-Ha Pulishers Ltd., London, 2004, p. 35.
8Bewley A. A., Muslim Women. A Biographical Dictionnary, Ta-Ha Pulishers Ltd., London, 2004, p.11.
9g. pour l'année grégorienne et h. pour année hégirienne.
10Bewley A. A., Muslim Women. A Biographical Dictionnary, Ta-Ha Pulishers Ltd., London, 2004, p.46.
11Bewley A. A., Muslim Women. A Biographical Dictionnary, Ta-Ha Pulishers Ltd., London, 2004, p. 32.
12Bewley A. A., Muslim Women. A Biographical Dictionnary, Ta-Ha Pulishers Ltd., London, 2004, p. 13.
13Bewley A. A., Muslim Women. A Biographical Dictionnary, Ta-Ha Pulishers Ltd., London, 2004, p.10.